Les prêtres de Saint-Sulpice y ont fini leurs jours jusqu'en 2015. Depuis fin 2023, ce clos du XVIIe siècle fondé par Marguerite de Valois vit une autre vie, sous enseigne MGallery, à moins d'un kilomètre de Paris. Wilmotte signe la réhabilitation. 83 chambres et suites se répartissent entre bâtisse historique et aile contemporaine, autour d'un parc d'un hectare.
Ouvert · 24 octobre 2023
C'est un pari osé que ce clos monastique du XVIIe siècle muté en boutique-hôtel cinq étoiles, à moins d'un kilomètre de Paris sans en avoir l'adresse. Wilmotte a réparti 83 chambres et suites entre le bâtiment d'origine et une aile contemporaine, autour d'un parc d'un hectare, d'un spa de 360 m² et d'un bar à rhums confidentiel logé dans la chapelle désacralisée du domaine.
Issy-les-Moulineaux, collée à la frontière parisienne, n'a pourtant rien d'un simple prolongement de banlieue ici. Le domaine se trouve à une centaine de mètres de la ligne 12, qui file droit vers Montparnasse, Concorde, les Champs-Élysées puis le Louvre. Le bruit de la ville s'arrête pourtant net. L'adresse, au 3 cours de la Reine Margot, s'ouvre sur un clos d'un hectare planté d'une centaine d'arbres et d'un potager de plus de quatre-vingts variétés. Un comble pour une banlieue d'affaires.
Le concept
1606. Marguerite de Valois, première épouse d'Henri IV, choisit ce terrain pour fuir la peste qui ravage Paris. À sa mort, les prêtres de la paroisse Saint-Sulpice récupèrent la propriété et en font une maison de retraite pour le clergé, qui tiendra jusqu'en 2015. La reconversion en hôtel a pris quatre ans, menée par la Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice, la Seine Ouest Aménagement et Développement (SOAD) et la ville d'Issy-les-Moulineaux. Résultat, 9 000 m² organisés autour de deux bâtiments : « Margot », le corps de logis du XVIIe siècle, et « Sulpice », une aile contemporaine de quatre niveaux. Jean-Michel Wilmotte a piloté l'ensemble de la réhabilitation. La chapelle néogothique du domaine, elle, a été confiée à une spécialiste, Bénédicte Gécèle, architecte en chef des Monuments Historiques. Les chambres et suites, réparties entre les deux bâtisses (une dizaine seulement dans le bâtiment historique), vont de 27 à 55 m². Leur mobilier contemporain tranche volontairement avec la pierre et les boiseries anciennes, sans chercher à les imiter.
Restauration & bien-être
Jean-Philippe Perol est aux commandes du restaurant Marguerite 1606, où la bistronomie se fait végétale, nourrie par le potager du domaine. Le Bar Marguerite change de registre avec l'heure, entre infusions l'après-midi et cocktails botaniques le soir. Encore plus inattendu, la chapelle désacralisée du XIXe siècle cache un bar à rhums confidentiel, plus de 400 références agricoles, espagnoles et anglaises. Pour le repos, Le Refuge de Margot (360 m²) associe bassin chauffé, hammam, sauna et salle de fitness à trois cabines de soins en partenariat avec Anne Semonin. Accès offert aux clients hébergés, un argument de poids pour qui vient surtout profiter du spa depuis Paris.